Grains de beauté
Par Gaëti, dimanche 26 octobre 2008 à 11:42 :: Furia lexicale :: #23 :: rss
Grains de beauté

Photo par Cosima
L'aube. Moment de grâce où les mondes oniriques et réels se rejoignent petit à petit. Je commençais progressivement à faire mon travail d'oubli, compactant les images de mes rêves en une bouillie sans nom, alors qu'elles en étaient agréables.
Dans cet état de transition, où la seule connaissance que l'on a est que l'on est sur le point de s'éveiller, je m'accrochais désespérément à une raison de garder les yeux fermés. Car les rêves endormis sont plus sereins que les turpitudes éveillées. J'ai froncé les sourcils et j'y suis retourné.
J'ai ouvert les yeux et me suis retrouvé à nouveau dans ce monde laiteux. Au devant de mes pieds, il y avait une tâche de café. Le marron par terre était étrangement la seule couleur que j'arrivais à distinguer convenablement. C'est ainsi donc que je me suis intéressé à ce petit rond arrivé ici on ne savait comment. Bientôt pourtant, je compris comment ceci était survenu. Du coin de l'oeil, je vis une nouvelle tâche se former, il m'avait semblé voir une goutte chuter. Je levai la tête et ne vis aucun nuage dans ce ciel incolore, inodore. ça ne sentait pas la pluie mais cette goutte était bien tombée de quelque part. J'aperçus une troisième qui s'écrasa à terre.
Je regardai mes trois petits points, cela faisait une sorte de chemin. Je me suis dit que cette route du café allait bien me mener vers un but bien précis. Je suis parti le nez en l'air, guettant chaque micro-averse avec minutie. Je marchai au ralenti, attendant patiemment que ma ligne de vie se forme. Les traces au sol se firent de plus en plus sombres, le café de plus en plus noir. Moi, pourtant, continuai mon itinéraire dans un monde où la lumière se faisait plus vive au point de m'en faire bientôt mal aux yeux.
Au bout d'un moment, les précipitations torréfiées s'espacèrent de plus en plus et mon univers se limita à du noir en pointillés dans une bulle blanche.
J'ai soudain ouvert les yeux. Un rayon de lumière éclairait un peu ta peau. Face à moi, j'avais le grain de beauté que tu arbores sur ton ventre. Le rêve continuait.
Commentaires
1. Le dimanche 26 octobre 2008 à 16:16, par Co'
2. Le dimanche 26 octobre 2008 à 16:50, par Gaëti
3. Le vendredi 31 octobre 2008 à 11:40, par Lucile
Ajouter un commentaire